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Archive pour ‘[Dixit]’ Category

[Dixit] « Les tentatives pour empêcher les gens de copier sont clairement une perte de temps (…) c’est très semblable à la prohibition en Amérique dans les années 1930. » (Peter Jenner, manager des Pink Floyd, The Clash)

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Par Astrid Girardeau

15 juillet 2010 à 21:14

[Dixit] « Nous ne sommes pas en cyber-guerre » Bruce Schneier

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Aux Etats-Unis peut-être plus qu’ailleurs, les déclarations sur l’existence d’une cyber-guerre (et la nécessité de s’en défendre) se multiplient. Le plus souvent pour annoncer parallèlement le déblocage de nouveaux budgets faramineux et davantage de contrôle par l’armée. La cyber-guerre existe t-elle vraiment ? Bruce Schneier, célèbre spécialiste en sécurité informatique dans les colonnes de CNN. Selon lui, l’utilisation du mot « guerre » est erronée et dangeureuse, et conclue « aujourd’hui, nous ne sommes pas en train de combattre une cyberguerre, et les risques d’une cyberguerre ne sont pas supérieurs aux risques d’une invasion terrestre« . Extrait :

Un des problèmes est qu’il n’y a pas de définition claire de la « cyberguerre ». A quoi ça ressemble ? Comment ça commence ? Quand est-ce fini ? Les experts en cybersécurité n’ont pas les réponses à ces questions, et il est dangereux d’appliquer le terme de «guerre» de manière générale à moins de savoir qu’une guerre est en train de se passer.

Pourtant, des articles récents ont affirmé que la Chine avait déclaré la cyberguerre à Google, que l’Allemagne avait attaqué la Chine, et qu’un groupe de jeunes hackers avaient déclaré une cyberguerre à l’Australie. (Oui, la cyberguerre est tellement facile que même les enfants peuvent la faire.) Il est clair qu’ici nous ne parlons pas de vraie guerre, mais d’une guerre rhétorique : comme la guerre contre le terrorisme. (…)

Nous avons sûrement besoin d’améliorer notre cybersécurité. Mais les mots ont un sens, et les métaphores aussi. Il y a actuellement une lutte de pouvoir pour le contrôle de la stratégie de la cybersécurité de notre nation, et la NSA et le DoD [Department of Defense ndlr] sont en train de gagner. Si nous centrons le débat en termes de guerre, si nous acceptons d’étendre au cyberespace la définition militaire de la «guerre», nous alimentons nos craintes.

Nous renforçons l’idée que nous sommes impuissants, – quelle personne ou organisation peut se défendre seule dans une guerre ? – Et que d’autres ont besoin de nous protéger. Nous invitons les militaires à prendre en charge la sécurité et à ignorer les limites, souvent abandonnées en période de guerre.

Si, de l’autre côté, nous utilisons le langage plus mesuré de la cybercriminalité, nous modifions le débat. (…) Nous acceptons volontiers de donner aux policiers des pouvoirs extraordinaires d’enquête et d’arrestation, mais nous tempérerons ces pouvoirs avec un système judiciaire et une protection juridique des citoyens.

A lire sur : Threat of ‘cyberwar’ has been hugely hyped (CNN)

Par Astrid Girardeau

9 juillet 2010 à 7:39

[Dixit] Le «géo-blocage» de sites est une question économique plus que légale

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Sur son blog, Michael Geist, professeur en droit à l’Université d’Ottawa (Canada), spécialisé en propriété intellectuelle, revient sur le système de blocages des contenus, sites ou services par géo-localisation. Ainsi, les internautes situés en France (via identification de leur IP) ne peuvent pas accéder aux contenus d’Hulu ou de South Park. Pour Geist, cela est avant tout une tentative de conserver un modèle économique basé sur la régionalisation des licences. Extrait :

Autrefois Internet était considéré comme un monde «sans frontières» qui se souciait peu de la localisation physique des utilisateurs. Ce sentiment semble être aujourd’hui suranné pour de nombreux utilisateurs canadiens d’Internet qui ont pris l’habitude de cliquer sur des liens pour les services audio ou vidéo pour seulement être informés que le contenu, le site ou le service n’est pas disponible dans leur région.

Le « Geo-blocage » est devenu une pratique courante parmi les radiodiffuseurs, les ligues sportives, les services de musique qui utilisent des technologies pour identifier l’emplacement probable d’un utilisateur d’Internet en temps réel et bloquer le contenu dans certaines circonstances. De la diffusion de la Coupe du Monde à Hulu.com (un site américain populaire de vidéos) à Spotify (un service européen de musique), les Canadiens se trouvent souvent incapables d’accéder au contenu et ne savent pas qui  blâmer.

Alors que certains ont suggéré de façon trompeuse que les lois obsolètes étaient la raison du blocage, la réalité est que le géo-blocage est toujours une question de business, et non une question juridique. En effet, le géo-blocage se produit dans le monde entier – les résidents des États-Unis sont également incapables d’utiliser Spotify et l’accès à la couverture en continu de la Coupe du Monde par CBC leur est bloqué.

Plutôt qu’une réaction à des lois anciennes, l’approche de géo-blocage est en réalité une tentative de préserver un business-modèle, des licences de contenu pays par pays ou une approche marché par marché.

A lire sur : ‘Geo-blocking’ Websites is a Business Rather than Legal Issue

Par Astrid Girardeau

9 juillet 2010 à 6:42

[Dixit] « La meilleure défense face à Internet, c’est d’y être » Laure de la Raudière

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A lire sur : L’UMP et internet (Authueil)

Par Astrid Girardeau

8 juillet 2010 à 15:17

Dans [Dixit]

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[Dixit] « J’en percevais déjà les faiblesses. Maintenant, j’ai évolué sur cette question mais il fallait protéger le droit d’auteur » Jean-François Copé à propos d’Hadopi

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Par Astrid Girardeau

8 juillet 2010 à 12:58

[Dixit] « Plus rien n’est contrôlé » sur Internet

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Avec le lancement d’Ethique du numérique, certains députés UMP ont tenté de renouer le parti avec les internautes, et donc une partie de son électorat. Et de contrebalancer l’image donnée par l’UMP lors des débats sur l’Hadopi, mais également par les déclarations anti-Internet lâchées régulièrement par ses divers membres. La tâche s’annonce ardue. Comme en témoigne la succession d’attaques, et de comparaisons historiques douteuses, émises dans le cadre de l’affaire Woerth, par des membres et responsables de l’UMP. Leur cible : Mediapart, source de révélations sur l’affaire Bettencourt. Et plus généralement les sites d’information en ligne et Internet. Plusieurs journaux, dont l’Express et Le Monde en ont dressé la liste. Trouvez l’intrus.

« Je suis mis au pilori par une forme de presse« , Eric Woerth, ministre du Travail.

« Un site qui utilise des méthodes fascistes« , Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP.

« Ce fameux site qui me rappelle une certaine presse des années 30« , Christian Estrosi, ministre chargé de l’Industrie.

« Ce ne sont pas des journalistes« , Jean Léonetti, député.

« Je suis choqué quand vous dites que c’est un site d’information. Ce n’est pas un site d’information, c’est un site de ragots, de déclarations anonymes« ,  Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille.

« L’alliance d’une opposition rageuse et sans idées, et de certains médias aux relents d’extrême droite et de trotskisme mêlés« , Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP.

« Une espèce de collusion médiatico-politico-trotskiste qui essaie de jeter l’honneur d’Eric Woerth », Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille.

« Une cyber-cabale » qui ne fait qu’« additionner les tweets et les blogs », François Baroin, ministre du budget.

« Une compétition effrénée entre la presse médiatique classique et Internet »« plus rien n’est contrôlé« , « où on ne prend pas le temps, un seul instant, de vérifier simplement l’information qui vous est donnée », Hervé Morin, ministre de la défense.

« De nouvelles rumeurs une nouvelle fois lancée par un site Internet », Jean-Pierre Pernault, TF1.

« Du temps de Staline, il y avait les montages photo, en 2010, en France, il y a Mediapart, mené par… un trotskiste« , Benjamin Lancar, président des Jeunes Populaires.

« Edwy Plenel (…) utilise sans réserve éthique ni méthodologique. Au niveau déontologie, c’est inimaginable. Mais ça va lui retomber sur la tête » Nicolas Sarkozy, président de la République.

Edwy Plenel a indiqué qu’il allait porter plainte pour diffamation contre Xavier Bertrand.

Par Astrid Girardeau

8 juillet 2010 à 11:06

[Dixit] « Si l’infraction au droit d’auteur est du vol, photographier quelqu’un c’est du kidnapping ? »

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De Mark Jacobs à Cory Doctorow (via Twitter)

Par Astrid Girardeau

5 juillet 2010 à 23:21

[Dixit] Le bon usage de Twitter

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Sur son blog, le député Lionel Tardy (UMP) revient sur la polémique qu’il a lancé en live-tweetant lors de l’audition, à huis-clos, de Raymond Domenech et Jean-Pierre Escalletes, sélectionneur de l’équipe de France et président de la fédération française de football, par la commission des affaires culturelles. «Twitter dans ces conditions, c’est se dissimuler et trahir, en clair agir sournoisement. Autant de qualifications assez éloignées des valeurs d’une démocratie » réagit le journaliste Jean-Louis Apathie sur son blog. Ce qui provoqua, via blogs interposés, un échange entre le député et le journaliste, puis à nouveau le député. Dans son dernier billet, intitulé get= »_blank »>Le bon usage de Twitter, Lionel Tardy présente Twitter comme un outil de transparence démocratique :

Quand un député prend la parole dans une commission parlementaire, ses propos sont publics et nominatifs. Si un député se sent trahi par la restranscription de ses propos quand il s’exprime « es fonctions », c’est qu’il y a un problème…

Par contre, nombre de mes collègues (ministres compris) bavardent, envoyent des SMS, voire laissent leurs téléphones portables ouverts pendant des réunions et n’hésitent pas à colporter ragots et propos privés. Et quand je lis les « confidentiels » des journaux, ils sont remplis de propos privés.

Twitter ne change que trois choses à cela : c’est immédiat, c’est accessible à tous et c’est signé, donc assumé (dans mon cas).

Il peut y avoir des huis clos partiels, dont le but n’est pas de dissumuler le contenu de la réunion, mais d’assurer la sérénité des débats. Ce fut le cas pour l’audition de messieurs Escalettes et Domenech, où je comprend que l’on ait pu restreindre l’accès de la salle aux caméras et aux photographes, et que l’on n’accepte qu’un nombre limité de journalistes.

Qu’une reflexion soit lancée au sein de l’Assemblée nationale est une très bonne chose. Mais que l’on ne se trompe pas de débat. La question n’est pas twitter, qui n’est qu’un outil.

Par Astrid Girardeau

3 juillet 2010 à 11:39

[Dixit] Hadopi : Après la charrue, les boeufs

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Sur son blog Digital JukeBox, Philippe Astor se demande si, dans l’application de la loi Création et Internet, il n’a pas été mis la charrue avant les boeufs. « On aura perdu beaucoup de temps, en définitive, pour légiférer sur ce qui s’apparente à une vaste opération d’intimidation » écrit-il tout en regrettant, que par ailleurs se fait toujours attendre le chapitre sur l’offre légale — dite mission « d’encouragement au développement de l’offre légale et d’observation de l’utilisation licite et illicite des œuvres et des objets auxquels est attaché un droit d’auteur ou un droit voisin sur les réseaux de communications électroniques utilisés pour la fourniture de services de communication au public en ligne » selon la loi. Extrait :

Eric Walter l’avait déjà annoncé au mois de mai dernier. L’Hadopi va se pencher, dès cet été, sur la création de plusieurs groupes de réflexion ouverts ou ateliers d’intelligence collective (baptisés « Labs »), dont l’objectif sera notamment, en liaison avec des acteurs du secteur (consommateurs, ayant droit, FAI, plateformes de services, membres d’autres autorités ou organisations) et des experts (techniques, en sociologie, en droit, etc.), d’étudier les usages en ligne et de réfléchir au développement d’une véritable économie numérique de la création.

On aurait peut-être dû commencer par là : engager une réflexion de fond sur le développement d’une véritable économie de la musique sur Internet, en se basant sur une étude des usages et, de fait, de la demande des consommateurs de musique aujourd’hui, avant de se pencher, une fois le développement de cette nouvelle économie en partie assuré, sur une libéralisation encadrée, à la marge, des échanges entre particuliers, et sur les moyens d’instituer une rémunération équitable des ayant droit en contrepartie.

Il semble cependant que dans la précipitation, ou sous le coup d’une certaine obsession, on ait préféré mettre la charrue avant les bœufs… ce qui, en définitive, aboutit à la constitution d’un drôle d’attelage.

A lire sur : Hadopi, un drôle d’attelage… (Digital Jukebox)

Par Astrid Girardeau

1 juillet 2010 à 20:37

[Dixit] Google : « On s’intéresse à ce que les gens font sur le Net, pas à qui ils sont »

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Depuis octobre à la tête de Google France, Carlo d’Asaro Biondo a accordé sa première interview à La Tribune. Il y parle économie, vie privée, livre, etc. Extraits :

A propos des données personnelles
« On s’intéresse à ce que les gens font sur le Net, pas à qui ils sont. Comprendre ce que recherche tel type de personnes à tel moment dans telle région permet d’apporter aux internautes des publicités qui correspondent davantage à leurs recherches. (…) Bien sûr qu’il faut des limites. Nous même avons payé quand on a fait des erreurs, comme avec Buzz. C’est normal. Mais, les jeunes vivent différemment cette notion de protection des données privées. C’est un peu le retour au village d’il y a cent ans, où tout le monde connaissait tout le monde et savait ce que chacun faisait. On devient un grand village mondial. Etablir des règles sans tenir compte de cette évolution pose un problème. Sur des sujets comme la liberté d’opinion et certaines formes de violence, il faut peut-être renforcer les règles. »

Et de l’affaire Google Street View
Il ne faut pas confondre la crainte légitime et la réalité des faits. Je pense sincèrement qu’il n’y aucune intention de Google ni d’aucun autre opérateur d’utiliser ces informations contre les gens. .

Combien Google paye d’impôts en France ?
Je ne sais pas, mais c’est regarder par le petit bout de la lorgnette. Regardons plutôt la contribution de Google à la France, c’est plus intéressant. (…) Dans les règles d’aide à l’implantation de multinationales dans l’Union européenne, les pays mettent l’accent sur tel ou tel secteur: l’agriculture est plus aidée en France, la technologie est plus aidée en Irlande. On ne peut pas en vouloir à Google de respecter les textes. (…) Si l’Europe veut changer le système, nous changerons. Mais ce n’est pas Google qui fait les lois. J’ajoute que nous ne demandons rien et ne touchons aucune subvention en France, contrairement à certains de nos concurrents. (…) Si les institutions nous ferment leur porte, c’est leur choix. La nôtre est ouverte.

Et l’enquête de l’Autorité de la concurrence sur l’abus position dominante de Google en France ?
(…) Personnellement, une position dominante de Google en France, je n’y crois pas. Regardez les autres acteurs, PagesJaunes, TF1 ou Lagardère, les annonceurs ont le choix !

-> Lire la suite sur La Tribune

Par Astrid Girardeau

27 juin 2010 à 13:45

[Dixit] Jacques Attali : « La disparition de la vie privée aura des conséquences formidablement positives… et terriblement négatives »

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Sur son site, Jacques Attali s’interroge sur la notion de vie privée. En conclusion de son billet, intitulé « La vie, privée de vie », il estime finalement que :

La disparition de la vie privée aura des conséquences formidablement positives, en faisant disparaitre bien des hypocrisies. Mais elle aura des conséquences terriblement négatives, en rendant impossible le secret, nécessaire au succès de toute négociation, de toute vie sociale et sentimentale. Elle transformera tout en spectacle, introduisant un tiers dans toute relation bilatérale, faisant de chacun de nous des acteurs de nos propres vies, données à voir à des spectateurs aléatoires. Enfin, cela renverra à ce qui fait depuis toujours l’essentiel du spectacle : la mort, le sexe et l’argent. Nos vies y perdront en nuance, en finesse. L’art n’y sera plus que la vie même. Au lieu d’en être la sublimation.

Il est urgent de retrouver le sens de la discrétion, de refuser la tyrannie de la transparence, de rétablir le gout de l’intimité, du chuchotement et même, obscénité suprême, le plaisir du silence.

Par Astrid Girardeau

23 juin 2010 à 11:23

[Dixit] La disruption d’Internet n’est pas un bug

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Dans un article du Guardian, intitulé The internet: Everything you ever need to know , John Naughton revient sur les caractéristiques qu’il juge essentielles d’Internet. Il décrit notamment l’aspect disruptif du réseau comme propre et conséquent à l’ADN de son architecture. Et la façon dont il a été conçu, dans les années 70, par Vint Cerf et Robert Kahn. C’est « une fonction intentionnelle », explique t-il, qui a permis aussi bien la création du web que de Napster. Et il est difficile de voir comment nous pourrions la désactiver « sans désactiver aussi les autres formes de créativité qu’elle engendre ».

Extrait :

La réponse qu’ils [Vincent Cert et Robert Kahn ndlr] ont élaboré a été d’une simplicité à couper le souffle. Elle se fonde sur deux axiomes. Tout d’abord, il ne devrait pas y avoir de propriété ou de contrôle centraux – pas d’institution qui déciderait qui pourrait se relier ou ce pourquoi le réseau pourrait être utilisé. Deuxièmement, le réseau ne devrait pas être optimisé pour une application particulière. Cela a conduit à l’idée d’une réseau « simple » qui ne fait qu’une seule chose – prendre des paquets de données à une extrémité et faire de son mieux pour les livrer à leurs destinations. Le réseau serait neutre vis-à-vis du contenu de ces paquets – cela pourrait être des fragments de mail, de vidéos porno, de conversations téléphoniques, d’images … Le réseau ne se souciait pas, et il les traitait toutes également.
(…)
L’implication de leur conception, c’est que si vous aviez une idée qui pouvait être mise en œuvre en utilisant des paquets de données, alors Internet le ferait pour vous, sans se poser de questions. Et vous n’aviez besoin de demander la permission à personne. L’explosion de la créativité – sous la forme d’applications disruptives – que le monde a connu depuis que le réseau a émergé dans les années 80 peut avoir pris beaucoup d’industries par surprise, mais c’était prévisible, en raison de son architecture.

A lire sur : The internet: Everything you ever need to know (The Guardian)

Par Astrid Girardeau

20 juin 2010 à 20:02

[ExPress] Maître Eolas : « L’anonymat n’est pas la règle : elle est un choix, donc, -attention, je vais dire un gros mot- une liberté. »

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Sur le site Délits d’Opinion, Maître Eolas revient sur la proposition de loi tendant à faciliter l’identification des éditeurs de sites de communication en ligne, déposée par le sénateur Masson, le 3 mai dernier.

Extrait :

La loi permet à toute personne éditant un site de manière non professionnelle de demeurer anonyme si elle le souhaite, à charge pour elle de communiquer ses données personnelles à son hébergeur qui les tiendra à la disposition de la justice le cas échéant. L’anonymat n’est pas la règle : elle est un choix, donc, -attention, je vais dire un gros mot- une liberté. Cela s’applique aux blogueurs, mais pas qu’à eux. Les utilisateurs d’un site comme flickr, qui permet de publier ses photos, jouissent eux aussi de cet anonymat. Toute personne qui édite un site internet ne le fait pas pour exprimer une opinion ou prendre publiquement parti. Or la proposition Masson les concernerait tout autant. (…) Quelle sera l’étape suivante ? Ne faudrait-il pas supprimer l’anonymat du vote ? Après tout, un citoyen honnête n’a rien à cacher.

Par Astrid Girardeau

18 juin 2010 à 12:00

[ExPress] Olivier Bomsel : « Il ne peut y avoir d’économie s’il n’y a pas de propriété. »

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PC Inpact pointe vers une interview d’Olivier Bomsel parue dans le dernier Télérama. Ce professeur d’économie et chercheur au Centre d’économie industrielle de l’École des Mines fut l’un des membres de la mission Olivennes, qui mena à la loi Création et Internet.

Extrait :

L’innovation c’est qu’Hadopi introduit une forte probabilité d’amende, ou au moins d’embarras pour le contrevenant. Mais la question, ce n’est pas de savoir si les gens vont souscrire à ce concept, mais plutôt, dans les faits : Hadopi va-t-elle faire peur ? (…) L’alphabétisation [à l’univers numérique, ndla] était une priorité absolue, et tant pis si les gens piquaient de la musique, des séries télés ou des livres (…) Avec Hadopi, et beaucoup d’autres dispositifs dans le monde, on assiste à la restauration du droit des auteurs et des producteurs. La phase d’alphabétisation touchant à sa fin, on remet du bon sens, on remet du droit. En vérité, on revient aux fondamentaux du droit économique de cette institution qu’est la propriété. Et à cette idée qu’il ne peut y avoir d’économie s’il n’y a pas de propriété.

->A lire sur PC Inpact

Par Astrid Girardeau

18 juin 2010 à 11:38

[ExPress] Sciences Po : Les cours en ligne posent « le problème des droits d’auteur »

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« Je suis intrigué quand je vois dans cette interview que les problèmes de droits d’auteurs se posent comme contrainte à la diffusion d’un cours. Le parlement Australien vient de décider de passer sous licence Creative Commons V3. Pourquoi pas les cours de Science Po » ? écrit Serge Soudoplatoff sur son blog. Il réagit à une interview donnée par Richard Descoing, directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) à Regards sur le Numérique.

Extrait :

(…) Pour avoir un bon podcast, il faut concevoir un produit ad hoc, avec une scénarisation spécifique. Ce qui requiert un investissement en temps, en amont de l´investissement technologique et financier, et ce qui soulève en outre deux questions. D´abord, quel est le retour sur investissement ? Est-il financier, de notoriété, de démocratisation dans l´accès au savoir ? Les réponses ne sont pas simples. Ensuite, se pose le problème des droits d´auteur. Avant, les enseignants passaient peut-être trois ans à mettre sur pied leurs cours, mais ils en tiraient des livres. Si on diffuse leurs cours en ligne tout de suite, sans limitation et sans rétribution, cela leur est préjudiciable d´une certaine façon. Donc, j´ai quand même un doute sur le fait que cette pratique se généralise au-delà d´universités très bien dotées – comme le MIT –, qui sont dans une logique d´image.

Par Astrid Girardeau

18 juin 2010 à 8:34

[ExPress] La neutralité selon Bruno Lasserre (président de l’Autorité de la concurrence)

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Le Club parlementaire Numérique publie un entretien avec Bruno Lasserre, président de l’Autorité de la concurrence. Il y parle concurrence dans le secteur du très haut-débit, marché du livre numérique et neutralité du net. A la question de la crainte des fournisseurs de contenus par rapport à la gestion des réseaux par les opérateurs, puis celle de la verticalité (opérateurs devant fournisseurs), il répond :

Qu’un opérateur souhaite gérer le trafic qui passe sur son réseau pour l’optimiser et éviter la saturation ne paraît pas en soi illégitime. Mais Internet est aujourd’hui devenu un instrument d’expression, d’échange, de commerce (c’est notamment un support publicitaire en pleine expansion), d’accès à l’information et au savoir tout à fait essentiel dans notre société. C’est ce qui explique les inquiétudes et les appels à un encadrement. La régulation sectorielle peut sans doute être une réponse pertinente pour éviter des pratiques opaques ou discriminatoires de la part des opérateurs dans la gestion du trafic.

Il convient d’éviter les amalgames, car la question de la neutralité de l’Internet se double d’une autre question, cette fois purement économique : les opérateurs souhaiteraient que les acteurs de l’Internet participent au financement de la mise à niveau des infrastructures nécessaires à l’accroissement du trafic sur les réseaux. Un tel principe n’est pas forcément choquant : les acteurs de l’Internet utilisent les réseaux, au même titre que les consommateurs, et peuvent dégrader la qualité collective du réseau par des échanges de données excessifs (ils créent une « externalité négative »). Le paiement d’un tarif d’accès peut être un moyen de donner les bonnes incitations et de réguler la charge du réseau.A ce stade, il ne me semble pas nécessaire que les pouvoirs publics avalisent tel ou tel modèle. Les discussions entre les acteurs intéressés sont en cours. Il ne faut pas cristalliser prématurément cette réflexion.

Par Astrid Girardeau

17 juin 2010 à 15:50

[ExPress] Un lobbyiste de l’industrie musicale souhaiterait la peine capitale pour les pirates

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Sur Boing Boing, dans un billet intitulé Music industry lobbyist calls for death penalty for piracy (littéralement Un lobbysiste de l’industrie musicale appelle à la peine de mort pour piratage), Cory Doctorow rapporte les propos de Fran Nevrkla, le président de la Phonographic Performance Ltd (PPL), une société anglaise qui gère les licences de près de 5000 maisons de disque et 42,000 artistes. Lors de la réunion annuelle du PPL, qui s’est déroulée la semaine dernière à Londres, Fran Nevrkla aurait ainsi déclaré :

Merci, David, et je vous remercie de mettre certains de ces pirates derrière les barreaux. Je sais que la peine capitale a malheureusement été abolie dans notre pays il y a cinquante ans, et c’est triste, mais quelques années en prison est sans doute assez bien …

Par Astrid Girardeau

14 juin 2010 à 12:52

[ExPress] « Free », libre ou gratuit ?

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Le mot « free » signifie t-il libre ou gratuit ?« Tout dépend du contexte » résume Framablog. Dans « free software », il s’agit bien de logiciel libre, et non de logiciel gratuit (même s’il peut par ailleurs aussi l’être). Le blog revient sur l’utilisation et le sens de cet adjectif cette fois dans « free information » – ou plus exactement la citation « Information wants to be free » – via la traduction d’un article de Cory Doctorrow, paru le 18 mail dernier dans le Guardian, et intitulé « Répéter que l’information veut être gratuite fait plus de mal que de bien ». L’article original, Saying information wants to be free does more harm than good, a été traduit par Barbidule et Daria (Framalang)

Extrait :

« L’information veut être gratuite » renvoie au fameux aphorisme de Stewart Brand, énoncé pour la première fois lors de la Conférence de Hackers de Marin County, Californie (forcément), en 1984 : «D’un côté, l’information veut être chère, parce qu’elle a énormément de valeur. La bonne information au bon moment peut changer votre vie. D’un autre côté, l’information veut être gratuite, car le coût pour la diffuser ne fait que diminuer. Ces deux approches ne cessent de s’affronter.» (…)

Mais il est temps qu’elle meure.(…)

Nous disons Liberté – Ils entendent Gratuité« l’information veut être gratuite » est d’une concision élégante, et elle joue subtilement sur le double sens du mot anglais free , mais aujourd’hui elle fait plus de mal que de bien.

Il vaut mieux dire « Internet veut être libre » .

Ou plus simplement : « les gens veulent être libres » .

Par Astrid Girardeau

14 juin 2010 à 10:37

[ExPress] Musique : où est-ce qu’on paie ?

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Sur son blog Hyperbate, Jean-Noël Lafargue revient sur l’économie de la musique. A travers sa propre expérience, il raconte l’évolution des supports (vinyls, CD, mp3, etc.), les DRM (et le crackage), le téléchargement légal (iTunes) et illégal (Napster, Emule, etc.), les plates-formes de streaming (Deezer, Jiwa, Spotify), mais aussi le R’n’B « souvent médiocre » subi dans les supermarchés. En tant que consommateur et amateur de musique, il s’interroge sur chacun de ces usages, et, derrière, sur la distribution des revenus (maisons de disque, revendeurs, Sacem, artistes, etc.). Et pose finalement la question :Musique : où est-ce qu’on paie ?

Extrait :

« De nombreux morceaux que j’ai téléchargés n’étaient pas piratés ni volés selon mon jugement : je les avais déjà sur CD ou sur Vinyle (j’en avais acquis la licence d’utilisation donc), j’aurais tout à fait pu prendre le temps de les enregistrer sur mon disque dur. Pour d’autres morceaux, je me sentais moralement dans mon droit : Verruschka, par Edda del’Orso et Ennio Morricone, Saudosa Malauca par une dénommée Marlene ou les chansons swing d’Irène de Trébert n’existaient pas autrement — à l’époque en tout cas —, je n’aurais jamais pu me les procurer sur CD. Enfin, il m’est arrivé de nombreuses fois de télécharger des morceaux pour me documenter, pour voir ou pour rire, enfin pour les écouter, mais certainement pas dans l’idée de les conserver. Il a commencé à être normal pour moi de tout savoir, de me constituer une culture musicale dans des registres que je n’aurais pas pu explorer autrement : chanson réaliste des années trente ou chanson bollywoodienne par exemple,… J’ai pu explorer le monde de la musique sans guide, sans aide, sans circuit tout tracé, un peu comme on découvre des livres au hasard dans une bibliothèque. Et j’ai plutôt aimé ça. »

Par Astrid Girardeau

13 juin 2010 à 13:31

[ExPress] Tom Yorke : L’industrie musicale va s’écrouler et « ça ne sera pas une grande perte »

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En octobre 2007, Radiohead sortait leur septième album, In Rainbows. N’étant plus sous contrat avec EMI, entre expérience innovante et coup marketing, le groupe proposait le disque en téléchargement sur Internet, à prix libre fixé par l’internaute. LeLondon Evening Standard rapporte les conseils pessimistes donnés par le chanteur et leader du groupe, Tom Yorke, aux adolescents qui veulent faire de la musique.

« Yorke affirme que l’industrie de la musique mainstream se meurt et que ce ne sera « pas une grande perte pour le monde » avant de dire aux musiciens en herbe de ne pas se lier au « navire en perdition ».

Selon Yorke, ce n’est « plus qu’une question de temps – en mois plutôt qu’en années – avant que cela ne s’écroule complètement ».

via Tech Dirt

Par Astrid Girardeau

11 juin 2010 à 12:32