The Internets

flux & contenux

Archive pour ‘[ExPress]’ Category

[ExPress] ACTA : Un « presque » accord

Laissez un commentaire

Alors que le onzième round de négociations de l’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) s’est terminé samedi dernier à Tokyo (Japon), il apparaît que les parties ne sont pas arrivées à clore un accord définitif. Mais pour autant clament être parvenues à un « accord de principe ».

Dans un communiqué daté de vendredi, Reuters rapporte que les participants aux négociations (Etats-Unis, Union Européenne, Canada, Australie, Corée du Sud, Japon, Mexique, Singapour, Suisse et Nouvelle-Zélande) ont échoué à parvenir à un accord. Pour finalement indiquer le lendemain qu’un « accord de principe » a été trouvé. Et Ron Kirk, l’actuel représentant américain au commerce (United States Trade Representative), de déclarer que les négociations sont «presque sur la ligne d’arrivée » et que des solutions ont été trouvées « même sur les questions les plus difficiles ». Des solutions que « presque toutes les parties » auraient acceptées. «Nous avons parcouru un long chemin, déclare de son côté un haut fonctionnaire de l’UE proche des négociations, mais il faut encore combler les écarts restants sans quoi il n’y aura pas d’accord« .

« Presque toutes les parties n’inclue pas l’UE apparemment » commente Michael Geist, professeur en droit à l’Université d’Ottawa (Canada), spécialisé en propriété intellectuelle. Les dernières versions du texte ont particulièrement mis en évidence les désaccords entre les Etats-Unis et l’Europe. Principalement sur le champ d’application du traité, et en particulier sur les indications géographiques (Beaujolais, Jambon de Parme, etc.). « L’Europe semble insister pour que les indications géographiques soient protégées par l’ACTA, alors que les USA s’y opposent catégoriquement » écrivait la Quadrature du Net. « La boîte à camembert est toujours sur la table », nous indique Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature.

Dans un communiqué, la Commission européenne explique de son côté qu’il n’y aura pas de prochain round, que les parties ont résolu « presque » toutes les questions majeures et vont continuer à travailler sur « le petit nombre de questions » restantes « en vue de finaliser le texte de l’accord le plus rapidement possible« . Elle annonce que les participants sont parvenus à « un texte consolidé en grande partie finalisé » qui sera bientôt publiquement diffusé.

Accord, mais seulement de principe. Texte finalisé, seulement en grande partie. « Il semble qu’il n’y ait pas eu d’accord, mais que les parties ont décidé de crier victoire » résume Michael Geist.

[ExPress] Homage or fromage ?

Laissez un commentaire

Sur le blog de Sigur Rós, il est expliqué que le groupe islandais a toujours refusé que leur musique soit utilisée pour des publicités, « pour vendre quoique ce soit », malgré les très nombreuses demandes. Sans crier au plagiat, ni même vouloir poursuivre qui que ce soit, ils ont décidé de poster une série de vidéos de publicités qui leur ont fait dire « hmmm ». Par exemple ci-dessous leur chanson Olsen Olsen, et une publicité pour Peugeot. Via Tech Dirt.

Par Astrid Girardeau

4 octobre 2010 à 7:21

[ExPress] Hadopi vs Crypto

Laissez un commentaire

Sur son blog Bug Brother, Jean-Marc Manach raconte qu’à l’occasion d’un colloque organisé le 30 septembre par l’ARCI (Association des Réservistes du Chiffre et de la Sécurité de l’Information), Bernard Barbier, directeur technique de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) a indiqué, en aparté, que les services de renseignement américains avaient “engueulé” leurs homologues français au sujet de l’Hadopi.

La raison ? La généralisation de la cryptographie pour  chiffrer les communications.

Utilisée hier en France par quelques uns, le vote puis la mise en œuvre de la loi Création et Internet — la collecte d’adresses IP sur les réseaux p2p par la société TMG (Trident Media Guard) aujourd’hui, et la forte volonté d’utiliser du DPI (Deep Packet Inspection) à des fins de surveillance et de filtrage demain — ont poussé un certain nombre d’internautes a modifié leurs usages. Certains ont opté pour le streaming ou le direct-download (parfois crypté), alors que d’autres se sont tournés vers des réseaux p2p anonymes ou un serveur VPN (Virtual Private Network) qui crée un tunnel chiffré entre la connexion Inter­net et un point d’accès situé à l’étranger.

Sur le blog officiel d’Orange Services Business dédié à la sécurité, Philippe Maltere écrivait qu’Hadopi serai un danger « pour le gouvernement » (avant de le modifier, à la demande d’Orange, par « pour la société »).

« Vous allez donc me dire le P2P va disparaitre, et c’est le but de loi, donc la loi est bonne. Oui, vous avez raison, le P2P tel que nous le connaissons aujourd’hui va progressivement disparaitre, mais pas l’échange de fichiers illégaux, la nuance est importante », expliquait Philippe Maltere. Selon lui, cela va faire exploser certaines formes de communications, et par exemple l’utilisation du protocole de sécurisation SSL (Secure Sockets Layer) : « Le bon père de famille va prendre l’habitude de chiffrer toutes ces données même de messagerie grâce à des logiciels toujours plus puissants et de plus en plus faciles à utiliser, avec en plus une recherche d’anonymisation plus forte grâce à des réseaux de type TOR ou I2P encore plus faciles d’accès« .

Pour Phillipe Maltere, « les spécialistes de contre terrorisme cybernétique ou contre pédophilie cybernétique pourraient ne plus être à même d’effectuer correctement leur travail ». Et d’indiquer que la NSA (National Security Agency) s’est positionné contre le projet d’une Hadopi made in USA, voyant « le danger de dérapage du tout chiffré pour les problèmes de sécurité intérieure non maitrisée« . Ce qui rejoint les propos de Bernard Barbier.

De même, au Royaume-Uni, les services de police et du renseignement britanniques ont demandé au gouvernement d’abandonner leur projet de riposte graduée (prévue dans la loi Digital Economy Bill) car cela pousserait les internautes à se tourner vers le chiffrement, et compliquerait leur travail de surveillance et de traque des criminels en ligne, rapportait le Times en 2009. Citant une source impliquée dans l’élaboration du projet de loi, le quotidien anglais indiquait que les services britanniques de renseignement, le MI5 (intérieur) et le MI6, (extérieur), avaient exprimé des avaient exprimé des inquiétudes quant à vouloir déconnecter les internautes : « Ils détestent ça. Ils pensent que cela va simplement rendre la surveillance plus difficile ».

De son côté, en mai 2008, Pascal Nègre, président d’Universal Music France, affirmait : « Le cryptage c’est compliqué, ça ne marche pas ».

Par Astrid Girardeau

3 octobre 2010 à 19:07

[ExPress] «L’employé qui n’a rien à se reprocher ne sera pas gêné par la présence de Surveillermonsalarié. »

avec 3 commentaires

Surveillermonsalarie.com, dont on a évoqué l’existence vendredi dernier, vend aux gérants d’entreprise une solution à 994,84 euros TTC par poste pour surveiller l’activité de leurs salariés : enregistrer les touches du clavier dont les mots de passe, faire des captures d’écran toutes les secondes, envoyer des alertes en cas d’utilisation de mots-clé « interdits », etc.

Interrogé par 01net, David Damour, son co-fondateur, explique « qu’on ne peut plus faire confiance à ses salariés ». Selon ce dernier : « De toute façon, l’employé qui n’a rien à se reprocher ne sera pas gêné par la présence de Surveillermonsalarié« .

-> Lire la suite sur Owni

Par Astrid Girardeau

3 octobre 2010 à 14:23

[ExPress] Neutralité du net, réseau NGN, DPI, etc.

Laissez un commentaire

Le fournisseur d’accès Internet associatif FDN (French Data Networks) (pdf), la Quadrature du Net (pdf), et la Ligue Odebi ont chacun rendu publique leur réponse au questionnaire de la Commission européenne sur la Neutralité du Net. La Ligue Odebi a envoyé un communiqué résumant sa position (pdf), axée sur la question de l’utilisation du Deep Packet Inspection (DPI) à des fins de Qualité de services (QoS) :

Le concept de Neutralité du Net, en provenance des Etats-Unis, en proie à un intense débat sur le rôle de la FCC dans un contexte de dérégulation qui leur est spécifique, masque une menace sur le respect du secret des correspondances.

La problématique cachée est celle de la mutation du réseau internet vers un réseau dit ‘NGN‘ auquel il serait conféré une certaine ‘intelligence’.

En pratique, cela signifie que les routeurs de ce futur réseau, via un procédé technique d’inspection du contenu des communications (DPI), serait capable d’acheminer ces communications de façon différenciée en fonction de leur contenu. Lire la suite

Par Astrid Girardeau

2 octobre 2010 à 20:01

[ExPress] Bridage et transparence par Virgin Media

avec un commentaire

En 2008, Virgin Media annonçait vouloir brider le trafic BitTorrent pour gérer son trafic en période de pointe. Hier, The Register, pointé par Korben, indique que l’opérateur anglais a publié son nouveau système de limitation de bande passante sur son réseau câblé. Selon le site anglais, cela concerne les protocoles p2p et les newsgroups. Sur son site, Virgin Media précise ainsi les plages horaires durant lesquelles la réduction de bande passante est appliquée, les conditions variant selon le type de contrat de l’abonné (S, X, L, XL, XXL). D’abord en test, ce système devrait être généralisé à tous ses clients d’ici l’été prochain.

A lire sur : Virgin Media introduces P2P throttling (The Register)
Et sur : Faster Upload Traffic Management Table Updated 30th September 2010 (Virgin Media)

Par Astrid Girardeau

1 octobre 2010 à 9:43

[->] SurveillerMonSalarie.com

avec 2 commentaires

944,84 TTC par poste et « vous saurez tout ce qui se passe » sur l’ordinateur de votre employé que « vous payez à s’amuser » deux mois par an : « Toutes les touches du clavier sont enregistrées », « Une capture d’écran est effectuée toutes les secondes, avec heure, date et nom de l’utilisateur ! », « Une alerte vous est envoyée instantanément sur votre messagerie électronique dès qu’un mot clef interdit est détecté ! » etc. Il suffit « simplement » d’avertir le salarié que maintenant, l’ordinateur est surveillé….

Maj : «L’employé qui n’a rien à se reprocher ne sera pas gêné par la présence de Surveillermonsalarié. »)

A lire sur : SurveillerMonSalarie.com

Par Astrid Girardeau

1 octobre 2010 à 8:31

[ExPress] Charte de déontologie « Publicité ciblée et protection des internautes »

Laissez un commentaire

Ce jeudi, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, a réuni dix associations professionnelles (GESTE, FEVAD, etc.) afin de signer la charte de déontologie « Publicité ciblée et protection des internautes ». Soit huit recommandations « visant à renforcer la protection de la vie privée et les droits des internautes à l’égard de la publicité ciblée sur Internet ».

A noter la recommandation 6 dans laquelle  les associations « recommandent que les différentes formes de publicité ciblée,  y compris contextuelles, ne portent pas atteinte au secret de la correspondance privée« . Rappelant que « ce secret protégé par la loi ne peut être levé que sous réserve du consentement explicite et préalable de la personne bénéficiaire de ce secret. Et la 5 sur la concept de « droit à l’oubli des cookies »

A télécharger : « Publicité ciblée et protection des internautes » (pdf)

Par Astrid Girardeau

30 septembre 2010 à 17:43

[ExPress] Les 10 propositions de l’ARCEP sur la neutralité du net et des réseaux

Laissez un commentaire

En avril dernier, l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) organisait le colloque “Neutralité des réseaux” (pdf), suivi en mai d’une consultation publique. Comme récemment annoncé, la «synthèse» issue de cette consultation vient d’être publiée (pdf).

Le document de 64 pages — déjà analysé par Pierre Col sur ZDnet et par Jean-Michel Planche, et présenté par Jean-Ludovic Silicani dans Le Figaro du jour — s’articule autour de dix propositions visant selon l’autorité « à promouvoir un équilibre pérenne, neutre et de qualité pour les réseaux et en particulier l’internet ». Pour l’ARCEP cela s’étend jusqu’à la neutralité des moteurs de recherche et de la publicité en ligne (9) ainsi que des terminaux (10). Dans un communiqué (pdf), l’autorité explique que ces propositions ne constituent qu’une « étape » : « ce sont des analyses plus fines qui sont en effet désormais nécessaires, puisque « le diable réside dans les détails »et qu’une réelle adhésion de tous dépend de l’attention portée aux problématiques de chacun ».

En plus de la synthèse, en mai dernier, l’ARCEP précisait que, «dans un souci de transparence», elle rendrait également publiques toutes les réponses (une cinquantaine) à la consultation.

——

Les dix propositions (telles que décrites par l’ARCEP) sont : Lire la suite

Par Astrid Girardeau

30 septembre 2010 à 14:54

[ExPress] Analyse du blocage de sites au Danemark

avec un commentaire


Le groupe de travail allemand AK Zensur a publié la première version d’une analyse (pdf) sur le blocage de sites pédo-pornographiques au Danemark et en Suède. Pour cette version, elle a analysé « un échantillon représentatif de 167 sites actuellement bloqués au Danemark », où le blocage utilisé par les FAI est le DNS. L’étude indique que la grande majorité des domaines bloqués « ne sont plus actifs ». Que six d’entre eux ne contiennent aucun contenu illégal « évident ». Et que pour les seuls trois noms de domaine actifs (dont deux présents sur la liste depuis 2008), ils ont contacté par mail l’hébergeur ou le registrar qui sont intervenus en moins de 30 minutes pour le premier, et au bout de trois heures pour le second. Une enquête plus approfondie est annoncée.

De son côté, l’organisation européenne EDRI (European Digital Rights) a publié une brochure (pdf) visant à informer, notamment les députés de l’Union Européenne, « sur les nombreuses questions complexes qui entourent la question du blocage d’Internet ».

A lire sur : Blacklists of Denmark and Sweden analysed (preliminary version) (AK Zensur)
Maj : Et aussi : Blocage des sites : Le juge contourné, pas les critiques (Owni)

Par Astrid Girardeau

29 septembre 2010 à 16:23

[ExPress] Prioriser du trafic serait une «pratique commerciale tout à fait normale » selon Talk Talk

Laissez un commentaire

A l’occasion d’un forum sur la neutralité, les dirigeants de Talk Talk et BT, deux des principaux fournisseurs d’accès Internet (FAI) anglais, ont ouvertement admis qu’ils donneraient la priorité à des applications ou services si les sociétés les payaient pour, rapporte PC Pro. Par exemple si Google était prêt à payer, prioriser YouTube serait une «pratique commerciale tout à fait légitime et normale » a ainsi indiqué Andrew Heaney de Talk Talk.

Selon lui, le concept de la neutralité du net est « un mythe » étant donné que la discrimination de certains trafics, par exemple du p2p aux heures de pointe, est déjà « monnaie courante » aujourd’hui chez les plus importants FAI. Mettant donc sur un pied d’égalité les pratiques relevant de la gestion du trafic et la discrimination/priorisation de certains trafics suite à un accord commercial. « Nous n’avons pas de problème » a t-il indiqué, demandant à l’Ofcom, le régulateur des communications au Royaume-Uni, de s’abstenir de réglementer.

A lire sur : TalkTalk, BT: we’d put iPlayer in the slow lane (PC Pro)

Par Astrid Girardeau

29 septembre 2010 à 15:36

[ExPress] Rejet de l’amendement visant à réintroduire le juge avant blocage

Laissez un commentaire

Alors que la Loppsi (Loi d’Orientation et de Programmation Pour la Sécurité Intérieure) est actuellement examinée par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, Authueil rapporte que l’amendement à l’article 4 (page 27), présenté par un ensemble de députés dont Lionel Tardy (UMP), et visant à réintroduire l’obligation de passer par le juge judiciaire pour ordonner le blocage d’un contenu présentant un caractère manifestement pédo-pornographique a été « rejeté sans discussion ».

En janvier dernier, lors du premier passage du projet de loi devant cette même Commission, un amendement similaire avait été adopté malgré l’avis défavorable du rapporteur Eric Ciotti. Mais il y a quelques semaines, cette obligation a été supprimée par le Sénat.

Maj 01/10 : L’Assemblée nationale a publié le compte-rendu de l’examen du texte par la Commission des lois. A été voté l’amendement du rapporteur supprimant la phrase, introduite au Sénat par Yves Détraigne, qui précisait que, dans le cas où les images ne seraient pas manifestement pornographiques, il reviendrait au juge judiciaire d’ordonner le blocage. « L’intervention du juge judiciaire irait à l’encontre de l’esprit de l’article qui met en place une procédure de police administrative » a déclaré Eric Ciotti.

Par Astrid Girardeau

29 septembre 2010 à 12:37

Dans [ExPress]

Tagged with , , ,

[ExPress]La liste des mots bannis par Google Instant

Laissez un commentaire

Le site 2600. com a compilé tous les termes pour lesquels Google Instant ne suggère aucune « prédiction de recherche » et n’affiche aucun « résultat instantané ».  La liste (non-exhaustive) va de Paris Hilton à Linda Lovelace, de PedoBear à milf. Via Boing Boing.

A lire sur : Google Blacklist – Words That Google Instant Doesn’t Like (2006.com)

Par Astrid Girardeau

29 septembre 2010 à 11:48

Dans [ExPress]

[Express] Tim Berners-Lee et l’accès à Internet

Laissez un commentaire

Un « fléau ». Ainsi Tim Berners-Lee a qualifié et dénoncé la « vague de législations qui entendent donner aux gouvernements et aux fournisseurs d’accès le droit et le devoir de déconnecter les gens » rapporte un communiqué de l’AFP, pointé par PC Inpact. A l’occasion d’une conférence à la Royal Society à Londres (Royaume-Uni), le « père du world wide web » a notamment mis en garde contre les lois « anti-piratage ».

En réaction au projet de loi américain COICA (Combating Online Infringements and Counterfeits Act) qui prévoit le blocage de listes noires de sites par les registrars et FAI, il a par ailleurs déclaré que « nulle personne ou organisation ne doit être privée de sa capacité à se connecter librement aux autres sans respect de la loi, de la présomption d’innocence jusqu’à preuve du contraire. Ni les gouvernements ni les sociétés ne devraient être autorisés à utiliser la déconnexion d’Internet comme un moyen de favoriser arbitrairement leurs propres objectifs ».

Alors que la pétition Stop the Internet Blacklist contre la COICA, que Tim Berners-Lee soutient, a déjà recueilli 50.000 signatures, 87 pionniers d’Internet ont hier adressé une lettre ouverte à la Commission judiciaire du Sénat américain afin de déclarer leur opposition à la loi.

Par Astrid Girardeau

29 septembre 2010 à 11:20

[ExPress] Hadopi « a donc d’ores et déjà eu un effet dissuasif significatif »

Laissez un commentaire

En avril dernier, le député Jacques Remiller (UMP) interrogeait le ministère de la Culture sur les effets de la loi Hadopi sur les pratiques des internautes français, tels que décrits dans l‘étude réalisée en mars dernier par le laboratoire de recherches M@rsouin. Dans sa réponse publiée hier au Journal Officiel, le gouvernement estime que l’adoption des lois Hadopi 1 et 2 a « d’ores et déjà eu un effet dissuasif significatif ». Il soutient que « les pirates numériques sont également des acheteurs de contenus culturels numériques » et, explique que pour répondre à leur « forte appétence », la mise en œuvre de « plusieurs des propositions formulées » dans le rapport Zelnik, remis il y a neuf mois au gouvernement, est « en cours ».

Question :

M. Jacques Remiller appelle l’attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur les effets de la loi Hadopi sur les pratiques des internautes français. En effet, dans une note éponyme publiée en mars 2010, une équipe du CREM et de l’université de Rennes-I livre l’analyse suivante : « À peine 15 % des internautes qui utilisaient les réseaux peer-to-peer avant l’adoption de la loi Hadopi ont définitivement cessé de le faire depuis. Parmi ces ex-téléchargeurs, seulement un tiers a renoncé à toute forme de piratage numérique, alors que les deux tiers restant se sont tournés vers des pratiques alternatives de piratage échappant à la loi Hadopi comme le streaming illégal (allostreaming…) ou le téléchargement sur des sites d’hébergements de fichiers (megaupload, rapidshare…).

Bien que le nombre d’internautes fréquentant les réseaux peer-to-peer ait diminué, le nombre de « pirates numériques » a légèrement augmenté depuis le vote de la loi Hadopi. Parmi les internautes qui continuent encore de télécharger sur les réseaux peer-to-peer, 25 % d’entre eux déclarent avoir modifié leurs pratiques de piratage depuis l’adoption de la loi Hadopi. Enfin, les « pirates numériques » se révèlent être, dans la moitié des cas, également des acheteurs numériques (achat de musique ou de vidéo sur Internet). Couper la connexion Internet des utilisateurs de réseau peer-to-peer pourrait potentiellement réduire la taille du marché des contenus culturels numériques de 27 %. Une extension de la loi Hadopi à toutes les formes de piratage numérique exclurait du marché potentiellement la moitié des acheteurs de contenus culturels numériques ». Il souhaite connaître son avis sur cette évaluation des effets de la loi Hadopi sur les pratiques des internautes français.

Réponse :

L’étude à laquelle la question fait référence, produite par le laboratoire de recherches M@rsouin, est basée sur les résultats d’une enquête menée par téléphone fin décembre 2009 auprès de 2 000 personnes, représentatives de la région Bretagne. Elle met au jour un résultat positif puisque 15 % des internautes qui utilisaient les réseaux de pair à pair déclarent avoir cessé de télécharger sur ces réseaux. L’adoption des lois « création et Internet », qui ont institué la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI), a donc d’ores et déjà eu un effet dissuasif significatif.

En outre, l’augmentation de 3 % du nombre de pirates n’apparaît pas comme un chiffre représentatif sur le plan statistique, de l’avis même de l’un des auteurs de l’étude, puisqu’il est calculé à partir d’une sous-partie de l’échantillon ne représentant que 6 personnes. Par ailleurs, l’étude confirme que les pirates numériques sont également des acheteurs de contenus culturels numériques. Cette concordance des comportements confirme la forte appétence de ces internautes pour les contenus culturels numériques. Le développement d’une offre légale plus abondante, diversifiée et attractive, concomitamment à la lutte contre le piratage, est donc un enjeu majeur. C’est dans cette perspective que le ministre de la culture et de la communication a missionné MM. Patrick Zelnik, Jacques Toubon et Guillaume Cerutti, qui lui ont remis en janvier 2010 un rapport faisant 22 propositions de nature à satisfaire et à encourager les comportements de consommation respectueux du droit d’auteur par le développement des offres culturelles légales en ligne et à permettre l’émergence de modèles d’affaires soutenables pour ces offres.

Le Gouvernement, déterminé à créer les conditions du développement durable de la consommation légale de contenus culturels en ligne et de la rémunération des artistes et des entreprises qui les soutiennent, a d’ores et déjà repris à son compte plusieurs des propositions formulées par ce rapport, dont la mise en oeuvre est en cours.

Par Astrid Girardeau

29 septembre 2010 à 8:08

[ExPress] Le mail d’avertissement qui sera envoyé par l’Hadopi

avec 2 commentaires

Via communiqué de presse (pdf), l’Hadopi a fait parvenir la recommandation qui sera envoyée aux abonnés dont l’accès Internet aura été « utilisé pour commettre des faits (…) qui peuvent constituer une infraction pénale ». Mail qui sera envoyé par le fournisseur d’accès Internet de l’abonné sur son e-mail de contact.

La loi Création et Internet prévoit que cette recommandation contienne également une information « sur l’offre légale de contenus culturels en ligne » et sur « l’existence de moyens de sécurisation permettant de prévenir les manquements à l’obligation définie à l’article L. 336-3″. A propos de l’offre légale, la recommandation rappelle simplement que « des services en ligne de plus en plus nombreux proposent aujourd’hui des offres légales attractives et respectueuses des droits des créateurs ». Concernant l’existence des moyens de sécurisation à mettre en place pour éviter tout « nouveau manquement » à l’« obligation de surveillance » de l’accès, la haute autorité se contente de renvoyer l’abonné vers le site hadopi.fr ou son FAI.

Au passage, on pourra souligner un léger amalgame entre gratuité et non respect des auteurs. « Sous les apparences séduisantes de la gratuité, les pratiques qui ne respectent pas les droits des auteurs des oeuvres privent en effet les créateurs de leur juste rétribution » écrit l’Hadopi. Si nécessaire, on rappellera que de nombreuses licences, comme les Creatives Commons, permettent de distribuer et de reproduire gratuitement des œuvres tout en respectant leurs auteurs.

Par Astrid Girardeau

28 septembre 2010 à 13:18

[ExPress] Pascal Rogard, l’art et la (mauvaise) manière ?

Laissez un commentaire

La semaine dernière, La Tribune de l’Art accusait le ministère de la culture de l’avoir piraté en « empruntant » et en mettant en ligne l’une de ses photographies « sans nous avoir le moins du monde demandé la permission ni même nous en avoir crédité ». Il semble que le ministère n’est pas le seul grand défenseur du droit d’auteur à enfreindre la législation.

Pascal Rogard, président de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) a un blog hébergé sur le site de la SACD. Les articles qu’il y publie sont le plus souvent illustrés par des photographies. Or il apparaît qu’aucune des photographies n’est créditée…

-> Lire la suite sur Owni

Par Astrid Girardeau

28 septembre 2010 à 12:26

[ExPress] ADSL, pigeons et comparaisons absurdes

Laissez un commentaire

CNIS mag revient, avec critique et humour, sur l’expérience orchestrée par le fournisseur d’accès Internet britannique Timico, et largement relayée par les médias, concluant qu’un pigeon voyageur est plus rapide qu’une connexion Internet en pleine campagne anglaise. Extrait :

L’on pourrait aussi ergoter sur le fait que le rapport volume de données / temps de transmission aurait été plus spectaculaire avec d’autres technologies. Par exemple un cycliste roulant à 40 Km/h (le Yorkshire, ça n’est pas le Mont Ventoux) pourrait en 3 heures véhiculer sans gros efforts 12 disques durs de 2 To chacun, soit 24 To en 10 800 secondes, 2,2 Go par seconde, ou plus de 17 Gb/s d’un seul bloc, le tout avec un MTU monstrueux, un ping un peu long mais un traceroute aisément déterminé à l’aide d’un GPS. Avec de tels débits, même l’anneau principal de Renater peut aller se rhabiller.

A lire sur : ADSL, pigeons et comparaisons absurdes (CNIS Mag)

Par Astrid Girardeau

28 septembre 2010 à 9:33

[ExPress] « I just called to say I want to read »

Laissez un commentaire


Cette semaine, lors de l’assemblée annuelle de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) à Genève (Suisse), le chanteur Stevie Wonder a appelé les Etats membres de l’OMPI a élargir les exceptions au droit d’auteur afin d’améliorer l’accès des aveugles et autres personnes ayant un handicap visuel aux œuvres protégées par le droit d’auteur. Sur son blog, l’euro-député David Hammerstein (Verts) rapporte que la France s’est vivement opposée à la proposition de l’Espagne et d’autres pays membres de l’UE d’« accepter le défi posé par Stevie Wonder ». David Hammerstein critique le « fondamentalisme » de la France sur la question du droit d’auteur. Qui, selon lui, semble s’opposer à « toute flexibilité et exceptions ». Il met cette position en regard des négociations en cours de l’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) qui vise à renforcer l’application de la propriété intellectuelle.

A lire sur : « I just called to say I want to read » (David Hammerstein)

Par Astrid Girardeau

26 septembre 2010 à 11:49

[->] Le partage est légitime

Laissez un commentaire

Sur son blog, Philippe Aigrain, co-fondateur de La Quadrature du Net, explique pourquoi, selon lui, le partage entre individus et sans but lucratif, de fichiers représentant des œuvres protégées par le droit d’auteur, est légitime. Et que le combattre appauvrit les pratiques culturelles. Auteur d’un livre sur la Contribution Créative, il défend la mise en place d’un « système de financement spécifique à Internet et socialement équitable » afin de récompenser ou de financer les œuvres « d’une masse très étendue de créateurs« .

A lire sur : Le partage est légitime (Le blog de Philippe Aigrain)

Par Astrid Girardeau

26 septembre 2010 à 11:14