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Archive pour ‘[Interview]’ Category

[Itw] La sénatrice Virginie Klès : “Le blocage de sites est inefficace et dangereux”

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Le Sénat va aujourd’hui examiner l’article 4 du projet de loi Loppsi (loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure). Ce dernier oblige les Fournisseurs d’Accès Internet (FAI) d’empêcher « sans délai » l’accès à des contenus à caractère pédo-pornographique aux internautes français.

La liste noire des « adresses électroniques » à bloquer leur seront notifiées par une autorité administrative. En février, l’Assemblée nationale a adopté un sous-amendement (pdf) du député Lionel Tardy (UMP) demandant l’accord préalable de l’autorité judiciaire. Une condition supprimée en juin dernier par la Commission des Lois du Sénat. Un certain nombre de sénateurs ont déposé des amendements – 199, 84, 89, 309 — visant à réintroduire l’accord préalable du juge.

De son côté, la sénatrice Virginie Klès, apparentée au Groupe Socialiste, réclame la suppression totale de l’article. Nous l’avons interrogé pour savoir les motifs de sa demande.

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CC JohnConnell

Par Astrid Girardeau

8 septembre 2010 à 10:53

[Interview] Jiwa: La musique en ligne, un business de riches ?

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Le 29 juillet dernier, le Tribunal de commerce de Paris a prononcé la liquidation judiciaire du site de musique en ligne Jiwa. «J’aime fréquenter Jiwa, un site commercial gratuit, où l’on peut trouver des millions de titres en écoute libre» déclarait le député Christian Paul (PS) en plein débats sur le projet de loi Création et Internet. Moins connu que Deezer, le site se distinguait notamment par le qualité de l’encodage, en récupérant directement les fichiers « Lossless« . Mais l’aventure a tourné court, et le site va devoir cesser son activité. L’information a été révélée ce matin par ReadWriteWeb, et confirmée à Owni par son PDG Jean-Marc Plueger.

La société Jiwa est co-fondée Thierry Rueda et Jean-Marc Plueger en 2006. Malgré leurs liens avec le milieu de l’industrie du disque — « on connaît très bien les directions des principales majors » — ils doivent attendre le 12 mars 2008 pour signer leur premier contrat avec Universal. Le site ouvre dès le lendemain. En mai 2009, ils annoncent une série de signatures avec des majors (Sony, EMI, Warner et Universal), des indépendants (Naïve et Pschent), des agrégateurs et avec Apple. Le site annonce alors un catalogue de 4,8 millions de titres et lance une V2.

En janvier dernier, interrogé par Electron Libre sur une « rumeur » de dépôt de bilan du site, Jean-Marc Plueger infirme l’information, et au passage livre quelques confidences sur les minimums garantis exigés par les majors pour l’exploitation de leurs catalogues. Ce qui a peu plu dans le milieu. Warner réagit en parlant d’informations « confidentielles et contestables ». Il déclare que Jiwa n’ayant « pas respecté ses obligations » il a « dû saisir le Juge des référés, lequel a effectivement condamné la plate-forme », et décide de retirer son catalogue de la plateforme. Avec Sony, la major accuse également le site d’avoir lancé son activité « en violation » de leurs droits.

C’est également en janvier que Jiwa se réjouissait des perspectives offertes par le rapport de la mission « Création et Internet », dit rapport Zelnik (pdf). Notamment de deux propositions. Celle d’étendre le régime de la rémunération appliquée à la radio hertzienne à la webradio, et celle de développer un régime de gestion collective des droits exclusifs pour les autres services (téléchargement de titres, streaming, etc.). La mission appelait alors l’ensemble des acteurs à se concerter et à opter pour un tel système « sous une forme volontaire ». S’ils ne parvenaient pas à un tel accord d’ici la fin de l’année 2010, elle menaçait alors d’instaurer un régime obligatoire par la loi.

Nous avons interrogé Jean-Marc Plueger, co-fondateur et PDG de Jiwa, à propos de cette fermeture, des minimums garantis (MG), et du futur des services de musique en ligne.

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Par Astrid Girardeau

3 août 2010 à 20:14

[Interview] RSF : « Toujours plus de filtrage, de contrôle et de surveillance d’Internet »

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Reporters sans Frontières(RSF) lancera demain un « abri anti-censure ». Il s’agit principalement d’un lieu physique pour apprendre aux journalistes et blogueurs « à contourner la censure, sécuriser leurs communications, et conserver leur anonymat en ligne », et d’une solution VPN gratuite mise à leur disposition. Nous avons interrogé RSF sur les raisons et objectifs de ce projet, décrit comme le . Et plus généralement sur l’état de la liberté d’expression en ligne en France, et dans le monde, l’initiative IMMI ou encore la proposition de loi du sénateur Jean-Louis Masson.

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Par Astrid Girardeau

24 juin 2010 à 13:08

[Interview] Orange : « Notre logiciel n’a aucun lien avec Hadopi »

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Le 10 juin, Orange sortait le « Contrôle de téléchargement », une offre visant à «sécuriser et contrôler vos ordinateurs connectés à Internet contre des usages de téléchargement illégaux en peer-to-peer». Pour deux euros par mois, ce logiciel, disponible uniquement sous Windows, «bloque l’exécution» de programmes P2P.

Dans les Conditions générales d’utilisation du produit, Orange se dégage de toute responsabilité d’utilisation. Et Nordnet, l’éditeur du logiciel, précise qu’il ne garantit pas que ce dernier «protège contre tout contournement », « intrusion » ou « utilisation frauduleuse » par un tiers. En clair qu’il n’a pas de valeur légale dans le cadre de la loi Création et Internet. Celle-ci prévoit une sanction pour « défaut de sécurisation » de l’accès Internet. Pour prouver sa bonne foi, l’abonné devra avoir installé l’un des «logiciels de sécurisation» labélisés par l’Hadopi. A ce jour, aucun logiciel n’a été labellisé ; et le cahier des charges des spécifications se fait toujours attendre. Pourtant on trouve différentes références à Hadopi au sein du logiciel (ici et ).

Dimanche, le blogueur bluetouff s’aperçoit que ce logiciel communique avec un serveur distant, et que tout transite de façon publique. Sur une page web, on peut voir en clair les adresses IP des visiteurs et des clients qui ont activé le logiciel. Aussi, il s’avère que l’accès à l’administration de ce serveur n’est pas sécurisée ; ont été laissés les log-in et pwd par défaut. Parallèlement, certains ont décompilé le logiciel, et laissé entendre qu’il collecterait des données personnelles et les transmettrait à un tiers.

Owni a contacté Orange pour faire un point.

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Image : CC Geoffrey Dorne

Par Astrid Girardeau

15 juin 2010 à 11:40

[Interview] TV-B-Gone : « Le pouvoir sur le média »

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Qui, dans un bar avec des amis n’a jamais eu le regard attiré, voire absorbé, par la surface lumineuse d’un écran de télévision ? En France comme partout dans le monde, les téléviseurs ont envahi bars, restaurants et autres lieux publics. Qu’ils diffusent des clips, des émissions… ou des matchs de football, ces écrans souvent plats et géants attirent inconsciemment l’œil et l’attention.

En 2004, Mitch Altam, ingénieur à la Silicon Valley, spécialiste en Réalité Virtuelle, mettait au point la TV-B-Gone Remote Control (littéralement « TV vas-t’en »). Une télécommande universelle conçue pour éteindre les téléviseurs dans les espaces publics. Au fil des années, les modèles se sont sophistiqués. Ressemblant à un lecteur mp3, le plus élaboré, la TV-B-Gone Pro SHP, a un rayonnement de 110 mètres et fonctionne sur 90% des téléviseurs du monde entier (PAL, SECAM, NTSC). Une version Kit permet de la fabriquer soi-même et de la bidouiller (le tout est en open-source).

Mitch Altman a accepté de revenir pour OWNI sur la genèse et le succès de la TV-B-Gone. Et, au passage, nous livrer sa vision sur les médias, et sa philosophie de vie.

-> Lire l’interview de Mitch Altman sur Owni.

Par Astrid Girardeau

13 juin 2010 à 17:40

[Interview] Jean Berbinau (Hadopi) à propos du filtrage : « Regardez l’Australie »

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A l’occasion de l’installation de l’Hadopi, hier matin, au ministère de la Culture, nous avons interrogé Jean Berbinau, ancien secrétaire général de l’ARMT, et actuel membre du collège Hadopi, sur les expérimentations de la Haute autorité en matière de filtrage. Ce dernier s’étant déjà exprimé sur la faisabilité du filtrage par DPI (Deep Packet Inspection) – un système qui consiste à analyser et filtrer les contenus du trafic – nous avons essayé d’en savoir plus. Ce dernier n’a pas voulu en dire beaucoup, mais suffisamment pour donner un aperçu de ce à quoi on doit s’attendre.

Hier le président de la république a soutenu des expérimentations sur le filtrage…
Oui, le président a dit ça hier.

Quel est votre commentaire ?
Je ne commente pas ce que dit le président de la République. Le président de la République donne des impulsions, des directives et des orientations.

Et donc ça va être l’une des actions de l’Hadopi que d’expérimenter le filtrage ?
Ca n’est pas une nouvelle de vous dire que la Haute Autorité sera des plus attentives à ce que le chef de l’Etat, comme il |Frédéric Mitterrand ndlr] l’a indiqué, est le protecteur de la culture, a cru bon d’énoncer.

Christine Albanel avait indirectement parlé de filtrage par DPI, ce que rejettent les FAI.
Regardez l’Australie…

On va donc vers le modèle de l’Australie ?
Il est intéressant de voir qu’il y a au moins un pays comme ça, qui après avoir beaucoup réfléchi, doit normalement progresser sur ce sujet en 2010.

Et, de notre côté, on devrait voir des choses…
Vous devriez voir des choses en 2010 en Australie.

Mais en France ?
Je ne vous ai rien dit. Mais une réflexion peut faire cette déduction logique à partir du moment où le président de la République l’a dit.

Et quels sont vos rapports avec les FAI sur ce sujet ?
Les FAI sont un milieu compliqué. Les négociations ne font que commencer…

Par Astrid Girardeau

9 janvier 2010 à 12:18