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[ExPress] ACTA : Un « presque » accord

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Alors que le onzième round de négociations de l’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) s’est terminé samedi dernier à Tokyo (Japon), il apparaît que les parties ne sont pas arrivées à clore un accord définitif. Mais pour autant clament être parvenues à un « accord de principe ».

Dans un communiqué daté de vendredi, Reuters rapporte que les participants aux négociations (Etats-Unis, Union Européenne, Canada, Australie, Corée du Sud, Japon, Mexique, Singapour, Suisse et Nouvelle-Zélande) ont échoué à parvenir à un accord. Pour finalement indiquer le lendemain qu’un « accord de principe » a été trouvé. Et Ron Kirk, l’actuel représentant américain au commerce (United States Trade Representative), de déclarer que les négociations sont «presque sur la ligne d’arrivée » et que des solutions ont été trouvées « même sur les questions les plus difficiles ». Des solutions que « presque toutes les parties » auraient acceptées. «Nous avons parcouru un long chemin, déclare de son côté un haut fonctionnaire de l’UE proche des négociations, mais il faut encore combler les écarts restants sans quoi il n’y aura pas d’accord« .

« Presque toutes les parties n’inclue pas l’UE apparemment » commente Michael Geist, professeur en droit à l’Université d’Ottawa (Canada), spécialisé en propriété intellectuelle. Les dernières versions du texte ont particulièrement mis en évidence les désaccords entre les Etats-Unis et l’Europe. Principalement sur le champ d’application du traité, et en particulier sur les indications géographiques (Beaujolais, Jambon de Parme, etc.). « L’Europe semble insister pour que les indications géographiques soient protégées par l’ACTA, alors que les USA s’y opposent catégoriquement » écrivait la Quadrature du Net. « La boîte à camembert est toujours sur la table », nous indique Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature.

Dans un communiqué, la Commission européenne explique de son côté qu’il n’y aura pas de prochain round, que les parties ont résolu « presque » toutes les questions majeures et vont continuer à travailler sur « le petit nombre de questions » restantes « en vue de finaliser le texte de l’accord le plus rapidement possible« . Elle annonce que les participants sont parvenus à « un texte consolidé en grande partie finalisé » qui sera bientôt publiquement diffusé.

Accord, mais seulement de principe. Texte finalisé, seulement en grande partie. « Il semble qu’il n’y ait pas eu d’accord, mais que les parties ont décidé de crier victoire » résume Michael Geist.

[->] Blocage/censure : L’examen de la loi COICA reportée aux Etats-Unis

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Par Astrid Girardeau

1 octobre 2010 à 6:30

[ExPress] « I just called to say I want to read »

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Cette semaine, lors de l’assemblée annuelle de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) à Genève (Suisse), le chanteur Stevie Wonder a appelé les Etats membres de l’OMPI a élargir les exceptions au droit d’auteur afin d’améliorer l’accès des aveugles et autres personnes ayant un handicap visuel aux œuvres protégées par le droit d’auteur. Sur son blog, l’euro-député David Hammerstein (Verts) rapporte que la France s’est vivement opposée à la proposition de l’Espagne et d’autres pays membres de l’UE d’« accepter le défi posé par Stevie Wonder ». David Hammerstein critique le « fondamentalisme » de la France sur la question du droit d’auteur. Qui, selon lui, semble s’opposer à « toute flexibilité et exceptions ». Il met cette position en regard des négociations en cours de l’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) qui vise à renforcer l’application de la propriété intellectuelle.

A lire sur : « I just called to say I want to read » (David Hammerstein)

Par Astrid Girardeau

26 septembre 2010 à 11:49

[ExPress] Telecinco vs YouTube : Pas d’atteinte aux droits de propriété intellectuelle

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En juin 2008, la chaine espagnole Telecinco, propriété à 50% du groupe Mediaset de Silvio Berlusconi, attaquait YouTube l’accusant « d’exploiter commercialement de manière illicite» des contenus de la chaîne et «d’attenter aux droits de propriété intellectuelle et industrielle». Et en juillet 2008, un juge espagnol condamnait YouTube, et lui demandait «la suspension de l’utilisation des émissions et enregistrements audiovisuels appartenant à Telecinco (…) en l’absence d’une autorisation écrite explicite de Telecinco».

Selon Google, aujourd’hui, un tribunal fédéral de Madrid a rejeté les accusations de Telecinco notant que YouTube propose aux ayants-droit des outils (Content ID) permettant de faire supprimer les contenus portant atteinte au droit d’auteur. Soit, rapporte Google, « qu’il est de la responsabilité de l’ayant-droit – pas de YouTube – d’identifier et de signaler à YouTube quand un contenu illicite est disponible sur son site ». Pour Google, cela réaffirme le droit européen selon lequel, « les ayants-droit (et non les fournisseurs de services) sont les mieux placés pour savoir si une œuvre est autorisée ou non à être sur une plate-forme d’hébergement en ligne ». Et que les sites ont la responsabilité de supprimer des contenus non-autorisés seulement une fois qu’ils en ont été notifiés par leur propriétaire.

« Cette décision est une victoire pour Internet et les règles qui le régissent », commente Google.

Par Astrid Girardeau

23 septembre 2010 à 11:21

[ExPress] L’adoption du rapport Gallo valide la « conception de l’Internet civilisé » de Franck Riester

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A son tour, le député Franck Riester, membre du collège de l’Hadopi, a réagi à l’adoption, ce midi, par le Parlement Européen, du rapport Gallo sur le « renforcement de la propriété intellectuelle en Europe ».

Dans un communiqué (pdf), il se réjouit du vote qui, selon lui, montre que les euro-députés « reconnaissent les dangers du téléchargement illégal pour toute une filière économique, qui représente des milliers d’emplois en Europe, et particulièrement en France ». On rappelera que le rapport Gallo est étroitement associé à l’étude Tera, une étude très contestée, qui chiffre à 1,2 million le nombre d’emplois impactés en Europe d’ici 2015 par le partage de fichiers d’oeuvres protégées.

Selon Franck Riester, le Parlement Européen a ainsi validé « cette conception de « l’Internet civilisé  » qu’il a défendu en tant que rapporteur de la loi Création à Internet à l’Assemblée nationale. Et les euro-députés ont reconnu la « pertinence » de la riposte graduée adoptée par la France (« une initiative pionnière en Europe »).

Le député se dit également « heureux de constater » que, alors que la haute autorité « vient d’envoyer ses premières demandes d’identification auprès des fournisseurs d’accès internet » — mais pour autant aucun mail n’a toujours été envoyé — « les offres légales culturelles en ligne confirme chaque jour leur essor ». Ca n’est pas l’avis d’Alain Bazot, président de l’UFC-Que choisir, qui, sur son blog, écrit aujourd’hui que « l’Hadopi fait la preuve de son désengagement sur un sujet attendu par tous, à savoir le développement de l’offre légale ». Selon ce dernier, « loin de se développer, l’offre légale est même en repli comme l’illustre la disparition du site Jiwa« .

[ExPress] La liberté de se connecter, pour les autres

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Patrick Leahy est l’un des sénateurs américains derrière le COICA (Combating Online Infringement and Counterfeits Act). Projet de loi qui vise à faire fermer, ou à défaut bloquer, tout site identifié comme contrefacteur ou portant atteinte à la propriété intellectuelle. TechDirt rapporte une déclaration faite par ce dernier, il y a quelques mois devant le Sénat américain, dans laquelle il condamne fermement la censure et l’entrave à la liberté d’expression sur Internet. La censure de l’information en ligne est « l’un des défis les plus urgents » posés par l’Internet déclarait-il.

Aussi le sénateur de se dire alors « très heureux » qu’Hillary Clinton ait réaffirmé l’engagement des Etats-Unis pour l’ouverture et la liberté d’expression sur Internet. Il fait référence au célèbre « Internet Freedom » de janvier dernier. Dans ce discours, l’actuelle secrétaire d’Etat des Etats-Unis disait que la lutte contre l’atteinte à la propriété intellectuelle « ne doit pas devenir une excuse pour les gouvernements pour violer systématiquement les droits et la vie privée ». Aussi, elle défendait la « liberté de se connecter », soit expliquait-elle « l’idée que les gouvernements ne devraient pas empêcher les gens de se connecter à Internet, à des sites Web, ou les uns aux autres ».

« COICA envoie au monde le message que les États-Unis approuvent la censure unilatérale d’Internet », a réagi hier l’EFF (Electronic Frontier Fondation).

A lire sur : Patrick Leahy Against Internet Censorship In Other Countries, But All For It At Home (Tech Dirt) et Source
Et sur : Censorship of the Internet Takes Center Stage in « Online Infringement » Bill (EFF)

Par Astrid Girardeau

22 septembre 2010 à 15:36

[ExPress] Stevie Wonder soutient les exceptions au droit d’auteur en faveur des handicapés visuels

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Depuis plusieurs années, certains pays du Sud mettent la pression au niveau de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) pour élargir les exceptions au droit d’auteur afin d’améliorer l’accès des aveugles et autres personnes ayant un handicap visuel aux œuvres protégées par le droit d’auteur. En juin dernier, quatre projets différents ont été examinés par le Comité permanent du droit d’auteur et des droits connexes, mais aucun accord n’a été trouvé, et le consensus semble encore loin d’être établi.

Hier, à l’occasion de l’ouverture de l’assemblée annuelle de l’OMPI à Genève (Suisse), le chanteur Stevie Wonder, messager de la paix des Nations Unies depuis 2009, a appelé les Etats membres de l’OMPI a adopter un traité ou créer un protocole au nom de l’accès à l’information et à l’éducation. «Travaillez-y sérieusement, sinon je serai obligé d’écrire une chanson sur ce que vous n’avez pas fait…». Les discussions reprendront du 8 au 12 novembre lors la prochaine session du Comité permanent du droit d’auteur et des droits connexes.

A lire sur : Musician Stevie Wonder Just Calls On WIPO To Improve Books Access (IP Watch)
Et sur : Stevie Wonder to UN: Ease copyrights for the blind (AP)

[ExPress] Des législateurs US veulent le pouvoir de fermer des sites « pirates » du monde entier

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Hier, un groupe de sénateurs américains a déposé un projet de loi qui donnerait au Département de la Justice des Etats-Unis le pouvoir de fermer des sites de partage de contenus protégés par la propriété intellectuelle. Que le site soit localisé (plus exactement son nom est enregistré) aux États-Unis ou dans un autre pays du monde (comme The Pirate Bay). Cette loi — The Combating Online Infringement and Counterfeits Act (pdf) –, permettrait au Département de la Justice de lancer une action civile afin de faire constater par la cour qu’il s’agit d’un site « pirate » et obliger le registrar ou registre à fermer le nom de domaine.

Si le site est enregistré en dehors des Etats-Unis, la loi permettrait d’obliger les fournisseurs d’accès Internet à empêcher l’accès au site ou des systèmes de paiement à bloquer toute transaction. Selon le sénateur Orin Hatch (R-Utah) la nouvelle législation est nécessaire parce qu’Internet est « devenu un outil pour les voleurs en ligne pour vendre des produits contrefaits et piratés » qui se font des « centaines de millions de dollars » sur le dos de la propriété intellectuelle américaine. La MPAA (Motion Picture Association of America) et la RIAA (Recording Industry Association of America) ont applaudi l‘initiative.

A lire sur : Lawmakers want power to shut down ‘pirate sites’ (Cnet)
Et sur : Bill Would Give Justice Department Power to Shutter Piracy Sites Worldwide
Et sur :
US Senators Propose Bill To Censor Any Sites The Justice Depatement Declares ‘Pirate’ Sites, Worldwide (Tech Dirt)
Source : “Combating Online Infringement and Counterfeits Act,” (pdf)

[ExPress] Les archivistes, bibliothécaires et documentalistes français s’opposent au rapport Gallo

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Alors que le vote du rapport Gallo ou de l’une de deux résolutions alternatives — l’une déposée par les Socialistes&Démocrates, Verts et GUE, l’autre par les libéraux (ALDE) — est fixé à ce mercredi 22 septembre au Parlement Européen, l’IABD (Interassociation Archives, Bibliothèques, Documentation) vient de publier un communiqué dans lequel elle dit s’opposer au rapport de l’euro-députée Marielle Gallo  (PPE/UMP), et explique pourquoi :

Attachés au respect du droit d’auteur et à une juste rémunération de la création, les membres de l’IABD s’inquiètent vivement des orientations du rapport dit Gallo qui vise à renforcer l’application des droits de propriété intellectuelle sur le marché intérieur.

L’IABD déplore l’accent mis sur la répression et l’amalgame opéré entre la contrefaçon des biens matériels et le piratage des fichiers numériques. On y trouve le même raisonnement que dans le projet d’accord ACTA contre lequel l’IABD s’est opposée publiquement à plusieurs reprises [ii].

Puisque le Parlement européen a récemment adopté une déclaration exprimant ses inquiétudes concernant l’ACTA, il serait incompréhensible qu’il adopte le rapport Gallo, dans la mesure où ces deux textes s’inspirent de la même logique.

L’IABD déplore que le rapport Gallo traduise une vision déséquilibrée du droit d’auteur, alors que celui-ci a toujours été un droit d’équilibre entre la protection des créateurs et l’accès au savoir et à la connaissance.

Il est de ce point de vue regrettable que le rapport Gallo n’évoque pas les mécanismes d’équilibre des droits, auxquels les archivistes, bibliothécaires et documentalistes sont particulièrement attachés. Il s’agit des exceptions au droit d’auteur (droit de citation, exception pédagogique et de recherche, exceptions en faveur des institutions culturelles, etc.), qui limitent la portée des droits d’auteur au nom de l’intérêt général. Il s’agit également du domaine public qui joue plus que jamais, à l’ère numérique, un rôle fondamental pour dynamiser la création.

Le rapport Gallo évoque également l’idée de lancer au niveau européen une campagne de sensibilisation des jeunes sur la propriété intellectuelle. Sans être opposée à ce projet, l’IABD espère que cette campagne sera objective et qu’outre les prérogatives des titulaires de droits, elle prendra le soin d’expliquer le rôle primordial des exceptions et du domaine public.

L’Union européenne a un rôle déterminant à jouer dans l’équilibre de la propriété intellectuelle.

Les services d’archives, les bibliothèques et les centres de documentation rencontrent aujourd’hui des difficultés pour satisfaire les besoins de leurs publics du fait du durcissement du droit d’auteur.

Ils appellent les députés européens français à rejeter le rapport Gallo et à explorer des pistes alternatives à la répression pour adapter le droit d’auteur aux nouvelles exigences de l’environnement numérique, dans le respect des droits fondamentaux d’accès au savoir, à la culture et à l’éducation consacrés par la Charte des Droits fondamentaux de l’Union européenne.

Maj : Numérama rapporte ce matin qu’Eurocinéma, l’Association de Producteurs de Cinéma et de Télévision, a fait parvenir aux euro-députés une pétition signée par une centaine de réalisateurs (dont Pedro Almodovar, Ken Loach, ou David Lynch) appelant à voter en faveur du rapport Gallo. Selon eux, le rapport « souligne la nécessité d’une action concertée au niveau européen pour défendre, renforcer et stimuler les droits d’auteur, que ce soit lors de la distribution en ligne ou hors ligne des films européens ».

Par Astrid Girardeau

20 septembre 2010 à 20:15

[->] Copyright et liberté d’expression (ou censure)

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Par Astrid Girardeau

19 septembre 2010 à 7:42

[->] Les lois sur la propriété intellectuelle entravent les droits des consommateurs selon Consumers International

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Par Astrid Girardeau

15 septembre 2010 à 15:01

[->] ACTA: quatre lettres qui pourraient changer la face du monde

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Par Astrid Girardeau

15 septembre 2010 à 9:19

[ExPress] Vote du rapport Gallo au Parlement Européen le 22 septembre

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Comme nous l’indiquions vendredi dernier, le rapport à l’initiative de Marielle Gallo, eurodéputée (PPE/UMP), sur l’application des droits de propriété intellectuelle sur le marché intérieur, ainsi que la résolution alternative — rédigée en juillet dernier par les opposants au rapport : Socialistes, Verts, Extrême et certains libéraux — seront présentés le lundi 20 septembre en séance plénière au Parlement Européen à Strasbourg. La date du vote est désormais connue, ce sera le mercredi 22 septembre.

Par Astrid Girardeau

14 septembre 2010 à 21:03

[->] How xkcd welcomes the future that so many fear

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Par Astrid Girardeau

13 septembre 2010 à 14:26

[ExPress] Le rapport Gallo au Parlement Européen le 20 septembre

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Le rapport Gallo sur l’application des droits de propriété intellectuelle sur le marché intérieur, ainsi que la résolution alternative au rapport, seront présentés le lundi 20 septembre en séance plénière au Parlement Européen à Strasbourg. Le vote est envisagé le lendemain, mais il n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour.

Estimant que la « très forte augmentation du partage non autorisé de fichiers contenant des œuvres protégées par des droits d’auteur (…) représente un problème croissant pour l’économie européenne en termes d’opportunités d’emplois et de revenus pour l’industrie ainsi qu’en termes de gouvernance », cette initiative de Marielle Gallo, eurodéputée (PPE/UMP), propose de renforcer les sanctions pénales à l’encontre de tout partage de fichiers non autorisés — à des fins commerciales ou non-commerciales — sur les réseaux. Elle insiste pour que la Commission examine la « problématique » du « piratage en ligne » et les mesures « à mettre en œuvre pour lutter efficacement contre ce fléau ». Le rapport demande à la Commission « d’initier une proposition législative ou de modifier la législation actuelle (…) en s’inspirant des expériences nationales« , et de « poursuivre son action » pour faire avancer les négociations sur l’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement).

Début juillet, les opposants au rapport (Socialistes, Verts, Extrême-gauche et certains libéraux) ont rédigé une résolution alternative au rapport. Cette dernière invite notamment la Commission à ouvrir une réflexion sur la façon d’adapter la propriété intellectuelle au monde numérique. Et à chercher des solutions qui soient équitables pour toutes les parties prenantes, et qui garantissent une juste rémunération des ayants-droit. Soit à réfléchir à de nouveaux modèles pour le financement de la création telle la Contribution Créative. « Elle donnerait aux internautes le droit d’échanger librement les œuvres couvertes par cette nouvelle rémunération forfaitaire. Le produit de cette contribution serait utilisé autant pour la rémunération des auteurs que pour le financement de la création» expliquait l’eurodéputée Françoise Castex (S&D) en juillet dernier.

Aujourd’hui, on apprend via Telecomix, qu’une coalition de fédérations de créateurs et journalistes appellent (pdf) au soutien du rapport Gallo qui, selon eux, propose « une approche équilibrée et équitable sur le partage illégal de fichiers » sur Internet. Ils estiment par contre que la proposition alternative « mettrait en danger le travail et la rémunération » de leurs membres, et qu’un système telle la Contribution Créative « ne peut pas remplacer de façon satisfaisante les régimes de rémunération existants ».

De son côté, la Quadrature du Net juge l’approche du rapport Gallo « dogmatique et ultra répressive », et que ses mesures « visant à renforcer les modèles économiques obsolètes (…) n’apporteront aucun bénéfice aux auteurs ni à leur public » . Pour RSF (Reporters Sans Frontières) « ces politiques répressives présentent de forts risques d’entraves des libertés individuelles, notamment de la liberté d’expression ».

Ce rapport n’a pas de portée législative, il s’agit d’un rapport d’initiative, rappelle RSF. Mais s’il est voté par le Parlement, il encourage la Commission à prendre des mesures dans son sens.



[->] Comment les douanes peuvent savoir si la musique dans votre iPod est délictueuse ?

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Par Astrid Girardeau

10 septembre 2010 à 19:17

[Dixit] « Si 70% de la population ignore une loi, ce n’est plus une loi. » (Tim Smith)

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A lire sur : Copyright Debates Fire Up Popkomm (Billboard.biz)

Par Astrid Girardeau

10 septembre 2010 à 16:32

[->] “ACTA Lite”

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Par Astrid Girardeau

9 septembre 2010 à 8:45

[ExPress] ACTA : Publication du texte issu du dernier round (Washington)

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L’organisation Knowledge Ecology International a publié hier soir le texte issu (pdf) du dernier round de négociations de l’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) qui s’est déroulé à Washington (Etats-Unis) du 16 au 20 août 2010.

Il s’agit d’une copie datée du 25 août de la version consolidée du texte. Elle n’a pas été rendu publique à cause de l’opposition des Etats-Unis, et malgré la volonté de certaines parties, dont l’Europe, à plus de transparence. Le texte reflète les modifications apportées lors de ce round, ainsi que les points de discordance restant entre les différentes parties (les positions de chacune sont indiquées entre crochets). Par exemple sur les procédures pénales et leur champ d’application, et sur les mesures relatives à la protection de la propriété intellectuelle dans l’environnement numérique. (Maj : A ce sujet, lire l’analyse de Michael Geist sur l’évolution de la position des Etats-Unis sur la responsabilité des intermédiaires techniques et sur les verrous numériques et mesures anti-contournement).

Les parties doivent se retrouver  à nouveau à Tokyo (Japon) autour du 23 septembre pour ce qui est annoncé être le dernier round avant signature.

Par Astrid Girardeau

6 septembre 2010 à 8:06

[Dixit] Umberto Eco : « Il y a un «espace» tellement grand que le piratage ne me semble pas tragique »

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@Brest publie une interview donnée en avril dernier par l’auteur italien Umberto Eco à Wiki@Home sur le sujet de Wikipédia. Il y parle de son usage de l’encyclopédie en ligne (uniquement en utilisateur – « Je ne suis pas la Croix-Rouge »), de la collaboration, du livre numérique,  et de la propriété intellectuelle. Extraits :

Comment voyez-vous le monde de la propriété intellectuelle maintenant, à l’époque d’internet ?

J’ai un point de vue très empirique. Je suis de ceux qui tirent leurs revenus de la propriété intellectuelle, mais chaque fois qu’on m’a piraté, j’ai laissé faire comme si de rien n’était. Une fois, mon éditeur américain a poursuivi en justice une université parce qu’ils avaient fait trente photocopies d’un de mes livres : j’ai protesté [NdT, contre l’éditeur]. Ça ne me dérange absolument pas. Au moins trois ou quatre de mes livres se trouvent même sur eMule, on peut les télécharger… Pourquoi suis-je ainsi désintéressé ? Puisque j’en vis, je devrait m’en préoccuper. Une réponse pourrait être que je gagne suffisamment [ma vie] comme ça, une autre, que je suis un bon démocrate.

Prenons un exemple. Quand ils ont commencé à associer un livre au quotidien La Repubblica, ils ont choisi de commencer par mon Le Nom de la rose en me versant une modeste participation forfaitaire. Mais ensuite ils en ont vendu deux millions, ce jour-là. Je me suis dit patience, je n’y avais rien gagné mais c’était bien ainsi. Après six mois, toutefois, j’ai vérifié les comptes rendus de la maison d’édition, et la vente de paperback n’avait absolument pas changée. C’est-à-dire que ces deux millions-là étaient en plus, il s’agissait de personnes qui ne seraient jamais entrées dans une librairie pour acheter mon livre. Je n’y ai pas perdu une seule vente. Ça veut dire qu’il y a un « espace » tellement grand que [le piratage] ne me semble pas tragique. Seulement, dans le cas d’un auteur qui vend mille exemplaires, si on lui en pirate cent, il enrage.

Jusqu’aux XVIe siècle et XVIIe siècle siècles, un auteur parvenait à vivre parce qu’un mécène le payait. Peut-être qu’on y reviendra, qu’on ne sera plus payé par le public, mais par un mécène. L’Arioste a pu s’en arranger, pourquoi n’y arriverais-je pas moi-même ? [rire, NdR]. Avant aussi on y arrivait. Ensuite, certes, la révolution du XVIIIe siècle siècle, où un auteur allait vendre lui-même ses propres livres, a aussi eu pour conséquence l’éclosion des droits. En un certain sens, cela a démocratisé [le système], car les auteurs et les penseurs n’ont plus eu à lécher le derrière des mécènes. Écoute, entre la manière dont L’Arioste a léché le derrière de la famille d’Este et la manière dont une foule de gens lèchent le derrière de tous, rien n’a vraiment changé. (…)

A lire sur : Umberto Eco, écrivain, donne son avis sur Wikipédia (@Brest) en CC 2.0

Par Astrid Girardeau

5 septembre 2010 à 19:33