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[Edito] Le jour où l’Internet chinois s’éveillera (chez nous)

avec 6 commentaires

Deux fois en quelques semaines, c’est beaucoup.

C’est même trop quand il s’agit de citer comme référence les mesures de censure sur Internet appliquées par la Chine.

Cela a pu faire doucement rigoler quand le député UMP Jacques Myard a déclaré vouloir nationaliser Internet. «Les chinois l’ont fait» argumentait-il alors, tout en expliquant qu’avec «une batterie d’ordinateurs très puissants» on devrait bien pouvoir faire pareil et se protéger de la «mainmise» des Etats-Unis sur les réseaux.

Quand deux semaines plus tard, dans le New York Times, Bono cite à son tour la Chine en exemple, on ne sourit plus. On s’inquiéte. «Une décennie de partage et de vol de fichiers musicaux a montré à l’évidence que ceux qui en souffrent sont les artistes» écrit, le 2 décembre dernier, le chanteur de U2, mais surtout aujourd’hui homme d’affaires, créateur du fond d’investissement Elevation Partners qui détient notamment le magazine économique Forbesv. Partant de ce constat, il ne voit qu’une solution pour l’enrayer : surveiller les contenus sur les réseaux. «Nous savons par le noble effort de l’Amérique pour stopper la pédo-pornographie, sans parler de l’effort ignoble de la Chine pour réprimer la dissidence en ligne, qu’il est parfaitement possible de suivre le contenu».

A aucun point de vue, prendre l’exemple de la Chine, qualifié d’« ennemi d’Internet » par Reporters Sans Frontières pour son « leadership » en matière de répression sur Internet (censure, surveillance, blocage, emprisonnement, etc.), n’est défendable.

Récemment nous évoquions les craintes de Seth Schoen de l’EFF (Electronic Frontier Fondation) quant au glissement des pays démocratiques vers les pratiques chinoises en matière de contrôle et de surveillance d’Internet. «Si vous regardez les principales pratiques internationales dans ce domaine [le contrôle d'Internet], vous verrez que la Chine est fondamentalement en conformité avec la norme internationale »., expliquait en 2006, Liu Zhengrong, un officiel chinois en charge d’Internet, au New York Times. « Les principaux objectifs et les modalités d’application de nos lois sont essentiellement les mêmes ». Et Seth Schoen de s’inquiéter qu’il pourrait bientôt avoir raison au regard des restrictions sur Internet appliquées ou souhaitées, ces derniers temps, par un ensemble de pays démocratiques.

Bono a beau utiliser le qualificatif «ignoble», la référence est là. Dangereuse. Et inacceptable.

Par Astrid Girardeau

4 janvier 2010 à 20:29

6 Réponses à '[Edito] Le jour où l’Internet chinois s’éveillera (chez nous)'

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  1. Moins on comprend plus on en parle.
    Il est assez logique qu’on qu’en arrive à de telle extrémités… malheureusement …
    Déjà à la base lors des conférences sur l’Internet ce sont toujours les même qui parlent.
    Ils savent tout sans rien connaitre.
    Pour prendre le cas de la France, un certains nombres d’artistes ont soutenu HADOPI disant qu’ils gagnaient moins leur vie maintenant qu’ils étaient sans cesse pirater et autre, mais eux ne gagneront pas 1 centime de plus ce n’est pas le but de la loi.

    Après lorsqu’on voit de plus en plus de personne prendre pour référence la Chine ce n’est pas non plus étonnant. Etant donné que le gouvernement lui même dit que le pays est une démocratie comme la France (discours de Francois Fillon lors de sa dernière visite en Chine) et toutes les entreprises et personnes qui veulent leur argent alors qu’ils ne prennent aucun recul ou plutôt n’en n’ont rien à faire …

    Certes la Chine est un intérêt financier, à mes yeux et aux vôtres et heureusement quelques autres personnes aussi cela n’est pas une raison pour fermer les yeux sur tout.

    Mais pour les politiques ca l’est. D’ici 5-10ans à moins d’un changement (qui vu mon optimisme n’arrivera pas) il en ira pareil pour la plus part de la population et non seulement celle qui a le pouvoir.

    Nous pensons évoluer mais nous régressons … Rapidement sous prétexte que nous avons besoins de sécurité nous supprimons nous même nos liberté en applaudissant.

    Rien n’est pire qu’une personne qui applaudit sans écouter la personne qui parle mais c’est pourtant ce que les gens préférent faire. Cela ne les touche pas il n’y a donc pas de problème. Le seul soucis c’est que lorsque ca les touchera au grand jour (vu que ca touche déjà les gens juste qu’ils préfèrent être aveugle) il sera bien trop tard.

    Internet est vu par ceux qui ne l’utilise pas comme le pire repère de pédophile et autres … fatalement à entendre le porte parole de l’UMP ou lorsqu’on écoute les députés pendant des débats, le niveau de méconnaissance fait peur.

    Depuis 1996 j’ai Internet chez moi, je n’ai jamais vu de vidéo pédophile ni autres trucs complétement délirant qui semble pulluler. Pas de mafia ou autre… Je n’ai pas non plus appris à faire des bombes. Bizarre vu que j’y passe plus de 10h par jour. (Étudiante en informatique à ma décharge)

    Les gens ont toujours eut peur de ce qu’ils ne comprennent pas.

    J’ai peur de ce qui va se passer …
    J’espère vraiment que les gens prendront conscience de ce qui se passe autour d’eux avant qu’il ne soit trop tard et je ne parle pas que de la France malheureusement …

    Rien qu’à voir la transparence de l’ACTA.

    Vive la [s]censure[/s] sécurité…

    salyanea

    4 jan 10 à 21:03

  2. « Internet est vu par ceux qui ne l’utilise pas comme le pire repère de pédophile et autres »
    Et il est vue comme le meilleur moyen d’expression libre par ce qui l’utilise, moi je dit vous croyez qui entre ces deux personnes? celui qui l’utilise ou ce lui qui en a trop peur pour s’en approcher?

    Janus24

    4 jan 10 à 22:24

  3. une petite coquille « le magazine économique Forbes*V »

    kalwap

    4 jan 10 à 22:52

  4. Le sympathique Bono (quel homme d’ailleurs !) pense que les méthodes des chinois sont ignobles mais pense aussi qu’elles sont un modèle, que le flicage est une voie sûr pour sauver la prospérité de l’industrie des loisirs (dont on n’avait pas remarqué qu’elle était pauvre, ni que Bono ait besoin de manger à crédit), et pas l’industrie des loisirs chinoise je pense, parce que les chinois sont méchants. Yes we can !

    Blogueur Influent

    4 jan 10 à 23:24

  5. [...] » Article initialement publié sur The Internets [...]

  6. Qu’est-ce qui effraie le plus (Nos dirigeant et « bien pensants ») et qui déclenche cette volonté de « réguler » Internet ?? La pédophilie ? La fabrication des bombes ? Le « piratage » des oeuvres artistiques ? Ou … L’information et la vitesse de divulgation de ladite information ainsi que le nombre d’internautes mis au courant de façon quasiment instantanée, sans pouvoir, pour l’instant, exercer une censure de « régulation » ??
    Ou encore, le fait que, sans « régulation », l’ensemble des internautes (donc de la population qui vote) pourrait-être au courant des diverses magouilles et autres malversations qui, si elles étaient accessibles à tous, seraient fatales à certaines prises de pouvoirs, et donc, d’argent ?? D’autant plus que la connaissance est source de réflexion, la réflexion amène à la critique et la critique engendre la contestation, ladite contestation pouvant amener au désaveu des pouvoirs en place… TRES dangereux !!!!
    La diffusion de l’information et de la connaissance n’ont jamais eu la faveur des pouvoirs depuis l’imprimerie de Gutemberg !!!
    Que certains qui ont vécu ces années se souviennent des « efforts » des politiques de l’époque, pour enrayer le phénomène de CB et des campagnes de dénigrement de cette technique qui permettait, de façon limitée du fait de son rayon d’émission, de COMMUNIQUER « librement » sans contrôles !! Alors, l’INTERNET ……

    Maxx

    11 jan 10 à 11:13

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